Fiche n°3 de Culture Professionnelle à l'Iscom Rouen
Iscom Rouen prépare ses élèves au passage du BTS Communication des entreprises, et c'est dans ce cadre que
le professeur de stratégie de communication à l'Iscom Rouen dirige des heures d'informatique visant à la rédaction des fiches de Culture Professionnelle. Je vous transmets donc via cet article les fiches qu'il m'a été donné de rendre à l'Iscom Rouen.
Ces fiches doivent être synthétiques, et surtout évoquer trois thèmes distincts : un des thèmes doit aborder un sujet abordant la communication, un
autre le marketing, et un dernier traitant d'un sujet des médias. Ainsi, les heures de l'Iscom Rouen réservées à la Culture
Professionnelle sont occupées par des recherches Internet, mais aussi dans la presse. Tous les supports sont utilisables, toutefois il est préférable
de diversifier les sources énoncées.
Comme il nous l'est enseigné à l'Iscom Rouen, un thème devra arborer trois fiches. Ces fiches sont normalement constituées d'un recto tapé à l'ordinateur, mais vous trouverez ici un
recto et verso pour chaque fiche, émanant d'une erreur de ma part. Celles-ci ne seront donc pas réutilisables.
Ces fiches ont pour but d'étudier chacune un support média, origine de vos
informations. Toutefois, il faut préalablement bien réfléchir aux choix de ces supports, l'épreuve se présentant sous la forme d'un oral. Selon Iscom Rouen, cet oral se déroule sur 20 minutes durant lesquelles un examinateur pose toutes sortes de
questions auquelles l'élève, ayant étudié le sujet, doit être en mesure de répondre. Iscom Rouen insiste donc sur le fait que le
sujet doit être préparé longtemps à l'avance et analysé en profondeur. De plus, vous comprendrez ainsi aisément pourquoi Iscom Rouen met un point d'honneur à se tenir informé de l'actualité de la communication, du marketing et
des médias, l'examinateur étant en position d'évoquer n'importe lequel des cas récents qui se rattachera à votre sujet.
Voici donc ici les fiches évoquant le thème communication et ciblant plus
précisément les jeux d'argent sur Internet qu'il m'a été donné de rendre à l'Iscom Rouen. Cependant, le thème de Culture Professionnelle ici présent n'a pas encore été évalué, il ne peut, par conséquent, être assuré
d'une bonne méthode, voire d'un bon raisonnement.
FICHE n° 3
THEME : LES JEUX D’ARGENT SUR
INTERNET
Bwin : mises en examen
Cet article publié le 18.09.06 par l’Equipe porte sur le cas Bwin et lui seul. Il permet de continuer
l‘étude de notre thème tout en observant de plus près un cas particulier et ses caractéristiques. Manifestation de premières procédures judiciaires contre les jeux d’argent sur Internet,
l’affaire Bwin constitue aujourd’hui une pièce de la jurisprudence qui indique, combinée aux textes de lois, les sanctions encourues.
Selon l’article, les deux dirigeants de Bwin, site austro-allemand, ont été mis en examen après que la
Française des Jeux et le Pari Mutuel Urbain aient décidé d’ester en justice. Ces deux institutions ont, elles, une dérogation du Ministère de l’Intérieur et de la Commission des Jeux, et sont
autorisées à effectuer aussi leurs activités sur la toile. Après avoir été interpellés par les Renseignements Généraux, les exploitants du site Bwin ont été accusés « d’atteinte au monopole en matière de pronostic de course hippique, autres évènements sportifs et loterie» pour avoir permis aux Français de parier sur des concours hippiques et
sportifs, mais aussi pour leur avoir facilité l’accès à d’autres sites de paris illégaux.
Le site était d’autorité austro-allemande et elle a pourtant été saisie par un juge
d’instruction de Nanterres en vue de l’article 113.2 du Code Pénal, qui stipule que toute activité étant
réalisée sur le Territoire Français est susceptible d’être poursuivie par les Cours de Justice françaises.
Peu après l’évènement, les dires de
l’enseigne Bwin insistent sur la sensation d’acharnement, de cas d’école ; elle trouve les sanctions non appropriées et disproportionnées à leur cas. Elle invoque alors l’écart titanesque
entre les lois de certains pays comme la France ou l’Allemagne et les lois européennes ; les exploitants de Bwin ont même décidé d’élever le débat à l’Union Européenne puisqu’ils se
définissent comme étant en conformité avec le droit européen.
Le 18 octobre 2006 s’est tenu un haut rassemblement à la Commission Européenne afin de
débattre sur les conflits entre les sociétés de paris sportifs et certains pays appartenant à l’Union Européenne, qui a, elle-même, observé longuement les situations de monopole qui prenaient
place en France, à travers le Pari Mutuel Urbain et la Française des Jeux, comme dans d’autres pays. Si l’on examine le droit européen, les législations des pays où les monopoles prennent alors
place vont à l’encontre de la libre concurrence, consigne observée prioritairement. Les monopoles sont interdits, dans quelque domaine que ce soit, et les autorités européennes estiment que si
les jeux d’argent sur Internet sont illicites pour les « opérateurs publics », alors ils le sont aussi en tant qu’activité de la part de monopoles d’Etat.
La Commission Européenne a ainsi pris la décision d’entamer de nouvelles procédures
d’infraction, dans le but de stopper ces conflits qui tendent à s’accroître et à augmenter encore la charge judiciaire européenne ; et l’on ne comprend le
phénomène clairement, et la proportion de travail juridique qu’il engendre, que lorsqu’on observe les études menées par la Commission Européenne qui révèlent que sept pays sont mis en cause pour
« entrave à la libre concurrence » et la mise en place de monopole d’Etat non justifiés.
M. Jean-François Lamour, ancien champion
d’escrime et surtout Ministre des sports de l’époque, et M. Frédéric Thiriez, Président de la Ligue Nationale de football, ont animé un long débat sur le sujet du cas Bwin par presse interposée.
Au delà de la tempête juridique soulevée par les jeux d’argent en ligne, les monopoles français voient apparaître d’autres obstacles.
M. Frédéric Thiriez, en sa fonction de porte-parole, évoque dans France
Football le fait que les sites de paris sportifs français devraient attribuer une contrepartie financière au football de
par son importance dans la chaîne, comme cela se passe dans d’autres pays ornés de monopoles à ce sujet, et comme d’ailleurs c’était le cas concernant Bwin, partenaire rémunérateur de certaines
équipes comme l’AS Monaco. Les paris sportifs devraient représenter une rémunération pour les clubs selon M. Thiriez, car beaucoup d’entre eux se basent sur les matchs de football et s’ils
n’existaient pas, les paris sportifs seraient dans une position beaucoup moins rentable. En somme, la situation actuelle est telle que la Française des Jeux et le Pari Mutuel Urbain vont devoir
essuyer les plaintes les clubs de ligue 1 de football pour utilisation abusive de leur image et de leurs activités. De plus, le Président de la Ligue conteste la réaction du Ministre des sports
lorsqu’il se « cache » derrière des propos selon lesquels le monopole d’Etat des jeux d’argent sur Internet et dans la vie représenterait un moins gros risque pour les mineurs et les
personnes vulnérables d’être touchés par l’addiction, qui serait, selon le gouvernement, favorisée par la multiplication de ces sites. Il va même jusqu’à attaquer l’Etat en l’accusant de ne
vouloir changer ses positions pour une simple question d’argent.
M. Jean François Lamour réfute les dires de
M. Thiriez en dénonçant le fait que les clubs annoncent le chiffre d’affaires des monopoles de jeux français de 9 milliards d’euro, alors même que les paris sportifs concernant
le football ne s’élèvent pas à un montant supérieur de 280 millions d'euros, dont 250 millions d’euros sont directement envoyés au
Fonds national pour le développement du sport (FNDS).
De deux pierres d’un coup, M. Lamour ajoutera que si le football professionnel ne touche
aucune rétribution, 11 millions d’euro d’équipement sportifs et de création de locaux ont profité au football amateur, que ce dernier estime plus dans le besoin de subventions
que le football professionnel.
Si les jeux d’argent sur
Internet commencent à être réglementés et en sont à leurs premiers pas dans la construction d’une législation qui leur serait propre, l’étude du cas de Bwin et les réactions qu’il a suscité
soulèvent d’autres problèmes. Ces sites payants sont un sujet de choix quant à la législation trop stricte de la France, et cela pourrait lui valoir des sanctions à l’échelle européenne.
Toutefois, le monopole français est toujours en place et cela n’est pas du goût de tout le monde : non seulement l’Union Européenne alerte la Justice française pour l’instauration de
monopoles non justifiés, mais de plus, les clubs de football professionnel réclament une rétribution sur les gains en s’inspirant des autres pays aux monopoles de jeu.
La vraie question est de savoir si, au bout du tunnel de cette longue bataille sociétale, les
jeux d’argent finiront par être légalisés sous la pression de la Commission Européenne et surtout des sites considérés comme illégaux aujourd’hui ou s’ils seront simplement de plus en plus
réglementés… Mais la question ne se pose pas puisque la solution réside sûrement dans la combinaison de ces deux facteurs.
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